jeudi 4 septembre 2008



encore moi!!!!

c'est moi!

les pauvres

D’un instant à l’autre, tout va craquer, tout va chavirer, basculer, se déchirer, se tordre. Ça n’est pas comme quelque chose de sur, rien n’est arrêté, rien n’est décidé, c’est plus comme une sensation, une impression, l’impression d’être à la fin de ne plus… Vouloir ? Pouvoir ? Allez savoir ! D’ailleurs, il ne sait pas ou il va, ni même ou il se trouve précisément. Il sait qu’il est pas loin de chez lui, mais ça il s’en fout !
Il respire l’air est si frais, la pluie si froide, le vent lui transperce les os. Il gèle putain ! Des gouttes vicieuses s’amusent à s’écraser dans son col, le vent s’engouffre insidieusement sous son pantalon, sa tête lui fait mal, des larmes de rage lui coule sur les joues, c’est la pluie dirait-il.
Le deuil, c’était fini, il n’était plus triste, il avait continué, s’était levé chaque jour, avait travaillé, joué, ri, ri. Il s’était fait une raison avait fini de pleurer, conseils et chansons avaient eus raison de sa peine, il avait continué et s’était de nouveau senti vivant. Comme ça sans effort un beau jour le poids est parti, cette pesanteur s‘était envolée et on lui avait rendu ses ailes. Des ailes un peu courtes, elles ne lui permettaient pas tout a fait de voler mais au moins de s’élever un peu. Il s’amusait à se revoir avant et se disait que ça ne pouvait pas être lui, que cet homme malade, plaintif était mort avec la peine. Vraiment il pensait en avoir fini ! Il n’a jamais mis de nom sur ce qu’il avait ressenti après, il avait quand même vécu avant, en avait passé des mauvaises passes et se disait que celle ci n’en était qu’une autre de plus. Du moins c’est ce qu’il disait aux autres, tout irait mieux c’est obligé. On le lui disait aussi, les autres avaient était plutôt sympas, ils avaient eux aussi continué à s’occuper de lui, il faut que tu sortes viens, ça l’avait aidé mine de rien. Il avait ri, avait fait bonne figure. Au plus bas, il aurait aimé leur cracher à la gueule, leur dire que de toutes façons ils ne le comprenaient pas qu’il était seul désespérément, comment leurs expliqué que de toutes façons quelques choses était cassé que même s’il reconnaissait facilement que cela allait passé il n’en avait pas envie. Il se souvenait comment il aimait se complaire dans la douleur, la souffrance pure, celle qui fait mal de l’intérieur, celle que personne ne peut comprendre, celle qui nous isole, celle qui nous fait dire que l’on serait mieux seul à se morfondre.
Masochisme ? Il avait aimé ses soirées seul, une bouteille d’alcool, des cigarettes, de la musique triste, de celle qu’il n’avouera jamais écouté, et c’était parti. Après un verre il avait des remords, avait peur de tomber dans l’alcoolisme, se voyait déjà dans quelques années mendiant pour s’acheter une bouteille. Il voyait le visage ravagé d’un homme qu’il connaissait passant son temps à maugréer sur sa vie foutue en l’air. Après quelques verres, tout allait mieux il était léger, tout semblait facile, il fredonnait de la guimauve, se disait que c’était mieux avant mais qu’il n’était pas n’importe qui putain, que merde même si la vie c’est de la merde il fallait continuer, la minute suivante effondré, il se voyait tresser sa corde, et s’ouvrir lentement les veines.
Des larmes lui coulait sur les joues alors essayant de se lever il comprenait qu’il avait trop bu et que dormir valait mieux, se couchant la plupart du temps habillé il se jurait de ne plus recommencer, promesses en l’air, il le ferait de nouveau trois jours plus tard.
Au fond c’est facile, trop peut être, ça lui tombe dessus comme ça, comme un souvenir mal rangé qui dépasserait encore du tiroir, il ne rêvait pas, c’était tant mieux, il dormait d’un sommeil de plomb, un sommeil noir, de gueule de bois. Ces souvenirs devenaient moins clairs, moins là, ces angoisses diurnes ces bouffées de mort le laissait tranquille, quand le soir, il s’endormait en se disant que la peine valait mieux, sans espoir, , il n’en avait pas, qu’est-ce que ça peut lui faire l’espoir, un enfant qui meurt de faim peut espérer, un malade en phase terminale peut espérer mais lui qu’avait-il a espérer, ses angoisses, il les connaissait c’était sa force, ce qui le rendait différent, ce qui lui procurait une force. Il s’était crée une vie dans cet minuscule espace entre le rationnel et l’irrationnel, la vie, les angoisses. Alors espérer oui espérer que tout s’arrête, Il en avait été jusque là parce que non la lumière ne l’éclairait pas, elle était grise et fadasse, et rien dans son quotidien ne pouvait lui faire relever la tête, une cause ? Mon cul ! C’était la sienne avant les autres.
Puis un jour, un matin il s’est dit c’est fini, plus exactement, il s’était senti vivant, merci les psychotropes qui avaient cédé la place à l’alcool, merci les autres, qui patient l’avait écouté, déblatéré sur lui, sur ses vrais problèmes, existentiels il avait fini de se morfondre en acceptant que son quotidien était celui de millions d’autre gens. Alors, voilà, il avait éteint la musique, pour de bon; et mis en bière ses souvenirs.
Alors pourquoi ce soir ?
Conneries ! Elle était encore là ,la salope tapie dans l’ombre prête à surgir au moindre relâchement, il n’avait pourtant pas l’impression de se battre contre quelque forces obscures, mais maintenant, il se rendait compte qu’il aurait du. Sa douleur il n’avait fait que l‘endormir, et ce soir elle lui revenait en pleine gueule, ragaillardie par une longue sieste de quelques mois. Des larmes, des paroles dites un peu trop fort, des litres de rancunes qu’il avait bu. Le début était bien plutôt agréable, des amis une bonne bouteille de bordeaux, la chaleur de se sentir bien, après un ou deux verres, le sentiment d’être à sa place, de se reconnaître dans les yeux de ce qu’on aime. Quelques traits d’esprits bien sentis des éclats de rires et quelques Camille t’es génial, tu va mieux ça se voit ! Un repas délicieux, les bougies commençaient à s’éteindre alors on dessert la table, on sens que l’on vacille un peu, que les gestes doivent être mesurés, mais c’est pas grave, on s’amuse, danser, refaire le monde, il aimait ça, il se sentait exalté! Et puis, tout un coup, comme ça, il se sent seul, il regarde les autres parler entre eux, se dit que s’il n’avait pas été là cela aurait été la même chose. Il écoute, et sent que quelque chose ne va pas que ça recommence.
Il aurait du le savoir qu’il avait bu un peu plus que les autres. Maintenant il s’en rend compte, cette fameuse place à laquelle il tenait n’était agréable que lorsqu’il se sentait grisé. Des mots, des idées, cette sensation les lendemains de fête d’avoir fait quelque chose de mal. Il le voyait maintenant c’était clair ! L’incompréhension était de retour, il se sentait de nouveau seul. Il se lève, claque la porte, se dit qu’il a plus rien à faire avec ces gens là. Il descend l’escalier, titube, et se retrouve dans cette rue, sinistre.
Il rentre à pied, on ne sait jamais. Il allait mal, la nausée alcoolique, il aurait aimé se vomir avec. Voici la preuve tangible que son état ne s’est pas amélioré….
Il marche, du bruit dans la tête, il a envie de s’asseoir d’attendre que quelque chose se passe, de se poser, de s’endormir là, n’importe ou et de se réveiller dans quelques années. La musique toujours plus triste, ces quelques notes qui lui trottent dans la tête, il connaît cet air, cette rengaine ridicule, c’est sa tristesse qui chante, un air d’opéra magnifique mais douloureux, un thème grandiose mais déchirant, une chanson de variété qui lui transperce le cœur, cette impression universellement ressentie qu’une chanson a été écrite pour soi; du violon, la douleur pure couchée sur du papier à musique.
Camille Estrale c’est lui, est ce que c’est bien lui qui se retrouve à quelques mètres de chez lui avec l’envie brûlante d’en finir. Son cœur transformé en capitale de la douleur des gens passent il rient, pourquoi ? Il cligne de l’œil regarde sa montre il est déjà tôt que faire ? Rester, dormir sur le trottoir, au milieu du la route, un bus ? Un camion. Non, dormir, rentrer quand même.
Quand il tournera à droite il serait chez lui. Il n’aura plus qu’à dormir s’allonger, appeler le lendemain pour savoir ce qu’il avait fait, il sera angoissé parce qu’il n’arrivera à joindre personne et se dira que quelque chose s’est cassé, que quelque chose est mort. Le pire, c’est qu’il s’en voudra, et que ça sera rie parti.
Le code , la lumière, l’escalier, la clé, l’odeur familière, le miroir de l’entrée, c’est pas le moment de se contempler!
Ça suffit, ça suffit comme ça ! A partir d’aujourd’Hui, il le décide, il faut que ça s’arrête ! IL est encore couché, traîne dans son lit, il vient d’entendre les cloches sonner midi, douze coups, au premier il s’était dit tiens il est midi, au dernier il s’était senti mal. Encore dans le gaz il essaie de profiter de ce rayon qui lui caresse la joue, en février il fallait en profiter, puis il sent son corps, commence a s’étirer il se rend compte qu’il a mal au cou, son corps lui fait mal alors ça suffit il faut que ça s’arrête, sa vie ne lui plait pas, il ne se sentait pas à sa place dans sa propre vie, c’est pas qu’il était à l’étroit, au contraire, y a trop de place, beaucoup de vide. Il pense à ça quand en caleçon il s dirige vers la cuisine, midi, café clopes, il faut que ça s’arrête.
. Il a envie de crier. Mais non il va se retenir, il le sent ce poids, ces larmes qui lui montent aux yeux le pire c’est la boule vicieuse qui s’est de nouveau installée au fond de son ventre, cette boule énorme, pesante qui lui fait sentir qu’il est vivant mais qu’il a mal. Pendant longtemps il s’est dit que c’était comme ça que sa vie à lui serait faite de désillusion et de tristesse. Il avait rangé l’espèce humaine en deux sortes les comme lui et les autres. Certains selon lui traînaient quelque chose un poids mort mais pas si mort que ça, ce bout de cœur cassé, une impression de pesanteur, c’est vrai que ce mot revient souvent dans sa tête. Allez encore une clope, encore un café, les yeux dans le vague, le nez qui coule, il s’est détendu.
Il jouait à merveille le rôle de sa vie. Il ne laissait quasiment jamais rien transparaître, dans les pires moments, il se renfermait et n’avouait que très rarement que quelque chose n’allait pas .Et puis que dire, objectivement, il n’avait aucun problème. Il n’était pas laid, avait un logement, un emploi, des amis, un semblant de famille. Il avait eu comme tout le monde des histoires d’amour. Que dire alors, comment justifier, cette tristesse, cette solitude, ce sentiment de vide de pesanteur encore ? Cette douleur, cette propension à tomber bas, très bas, ces envies d’en finir, ces angoisses terribles, cette idée persistante qu’il passait à coté de sa vie, tout cela lui était personnel et quand il essayait de l’exprimer que se soit à sa famille ou a ses amis, quelque chose ne passait pas, peut être qu’il ne disait pas tout, peut être qu’il s’exprimait mal, mais les réponses apportées ne lui convenait pas, il se sentait encore plus mal. On lui renvoyait cette affreuse image de quelqu’un de faible, de compliqué, d’instable. Il passait pour un perdant, autant dire que ces commentaires ne lui étaient d’aucun secours.
Peut être au fond qu’il ne serait qu’un éternel adolescent , toujours insatisfait jamais comblé, se trouvait toujours « trop » ou « pas assez », vivotant comme ça en fonction de ces humeurs. Il y a des soirs , quand il avait décidé encore de boire pour se calmer, pour dormir, ou il envoyait tout ça en l’air, ou il se sentait fort, une demie bouteille et il n’était plus triste, il arrivait même a imaginer sa vie future, ailleurs . Il arrivait à s’accommoder de sa prétendue solitude. C’est étrange, cette solitude, il n’était pas seul, il savait que malgré ses frasques, il aurait toujours des gens a qui parlé, des endroits dans lesquels il aimerait se rendre. Il savait qu’il pouvait encore se sentir grisé et savait qu’il pouvait encore tenir le monde dans sa main. Il aimait cet air, celui qui lui disait que tout était encore possible. Pourtant, il savait que son idée noire reviendrait.
A partir de quel moment pouvait-on se dire vieux ? D’aucun prétende que « l’âge c’est dans la tête » cette idée n’est hélas valable que pour les gens qui avaient déjà dépassé la cinquantaine. Lui en avait 27 et l’impression d’en avoir trop vu, trop fait l’étouffait, il était fatigué, fatigué de vivre. Il n’était plus sûr de rien, voulait juste faire une pause.
Ainsi, des images terribles le submergeaient, il se voyait très nettement allongé sur son lit, un filet de sang coulant sur le sol. Il s’était dit avec le temps que tout cela était normal. S’il pensait au suicide, il ne pensait pas à la mort, étrangement, s’ouvrir les veines, n’était pour lui qu’un moyen de partir un peu. Il s’imaginait qu’il reviendrait, qu’il se réveillerait dans plusieurs années, que tout irait mieux et qu’enfin ses fantômes auraient disparus. Alors dans ses soirées les plus affreuses, il passait très rapidement de phases euphoriques à des phases noires très noires. Aujourd’hui, il se rendait compte que quelque chose clochait, qu’il y avait quelque chose de pourri dans son royaume. Mais est-il possible de changer, Il n’avait pas encore franchi la limite qui l’aurait poussé dans la folie, il ne souffrait pas de quelques délires de persécutions ou paranoïaque et conservait selon lui toutes ses facultés. Bien que la dépression l’avait déjà rongée il se sentait capable d’analyser son trouble. Il risquait cependant de tomber dans son écueil favori : l’intellectualisation. Ce concept est certainement son pire défaut. S’il avait du trouvé un synonyme il aurait dit : masturbation intellectuelle. Il s’enfermait dans ses réflexions, se nombrilisait, ne répondait plus à aucune sollicitation extérieure, seul son propre cas l’intéressait. Il pouvait passer des heures et des heures à réfléchir sur lui-même , heures de réflexions qui s’avéraient des plus stériles, en effet il ne pouvait que constater d’une part son impuissance, et d’autre part sa phénoménale propension à se créer des constructions mentales complètement erronées. Il savait très bien que d’autres gens souffraient, qu’il n’était pas seul. Mais dieu comme le chemin était long, comme la route est longue comme on doit la faire.
Il savait très bien qu’il se devait de mener une vie mieux rangée, que ses abus d’alcool, de tabac, que ses repas oubliés, que ses journées de jeune que ses pensées noires étaient à supprimer. La morale a raison, une vie saine, est le premier pas vers une santé psychologique saine. Mais voilà tous ces concepts ne pouvaient pas lui être appliqués. Allez savoir pourquoi, il n’y arrivait pas. Là était peut être l’anormalité, pourquoi cette impuissance à vivre une vie normale, plutôt normée.

Il est extrêmement difficile de faire comprendre à quelqu’un ce qu’il ressentait, on le prenait la plupart du temps pour quelqu’un qui s’écoute qui ne pense qu’à lui. Çà n’était pas faux, il crèverait pour vivre une autre vie, il était jaloux de ce que les autres vivaient, lui au fond n’avait jamais rien fait. Quand il entendait quelqu’un raconter quelque chose, faire des projets, il ne pouvait que sourire, mais la vérité, c’est qu’il était malade de jalousie. Il était pommé, s’était inventé une vie, avait pris a droite a gauche et s’était perdu. Alors le voilà névrosé suicidaire et quasi alcoolique à 27ans.
Il passait son temps à envier les autres, cette jalousie n’avait aucun lien avec une quelconque possession matériel, vraiment pas mais il était jaloux de la sérénité, du bonheur et de ce genre d’idée que lui n’arrivait pas à saisir. Jaloux du temps qu il n’a pas eu, jaloux de ces adolescents qui croient que tout est possible. Jaloux parce qu’il n’avait jamais eu la chance s’il en est une d’être insouciant. Il était bancal, mal construit, il manque des briques à son mur, vide, il était vide et sa vie n’était que chaos.
Peut-on changer de vie? Peut-on devenir quelqu’un d’autre, peut on faire enfin taire nos angoisses, les remplacer par d’autres? Il connaissait des gens qui avaient réussi à changer qui avait décidé… Il se souvient en souriant qu’il n’avait jamais su s’appliquer ces concepts à lui-même, qu’il n’y arrivait pas. Il avait de la peine et encore une fois se sentait mort… Mais alors comment fallait-il s’y prendre? Comment faire?
Il lui semblait que pour lui c’était trop tard, qu’il ne pourra jamais aimer, ressentir. A 27 ans, il était triste, n’aimait rien ne ressentait rien, y a-t-il un age pour apprendre à aimer, faut-il le décider? En est il lui capable?
Voilà où il en était quelques six moi après sa tentative. Il avait changé un peu. Hélas, il n’y avait pas eu de métamorphoses, il était encore énormément angoissé, et pensait encore à tout terminer.
Le tabac lui tenait compagnie, l’alcool encore était là; au fond rien n’avait changé mis a part le fait que maintenant tout le monde savait qu’il était suicidaire et donc fragile.
Il ne se sentait toujours pas vivant. Pour lui rien n’avait de saveur, rien, il était vide de sentiments. Il ne savait pas qui il était et enviait ces personnes qui par-dessus tout étaient capable de sérénité. Peut-on renaître, peut revivre? Il se pose les bonnes questions mais pour lui rien ne valait la peine.
















Chapitre II Encore un peu plus loin.

Encore un matin un matin pour rien, merci Jean Jacques, pas Rousseau, Goldman. C’était là encore, apathie, asthénie, cette fatigue, ces envies de rien, de dormir, Café, clope, clope, clope, café. Il avait depuis peu recommencé le Xanax, il en prenait plus qu’il ne devait forcément, bouche pâteuse, comme dans du coton, au ralenti, il était prêt à passer sa journée, celles-ci commencent à 16heures. Hypersomnie, c’est la petite sœur de l’insomnie, certains on les yeux rouges du manque de sommeil, lui avait toujours les paupières lourdes, passait des heures au lit, bien après que le réveil prétexte ait sonné le matin. Il se prélassait, .se sentait protégé. Il espérait simplement que personne ne l’appelle, que personne ne sonne, qu’on le laisse seul. Et puis voila enfin, il pouvait se morfondre, mélancolie, perte d’appétit inactivité, hypersomnie, perte de motivation, perte de l’estime de soi, çà fait six, il les avait tous là non ? Tous les symptômes de la dépression « elle est revenue, la voilà la garce, la renifleuse des amours mortes, elle est revenue elle est là » Il le savait que c’était pas fini, c’est se qu’il se dit en se dirigeant vers la salle de bains, en enjambant, vêtements et mégots de cigarette étalés sur le sol. Se doucher, qu’il entende une seule personne lui dire qu’il était déprimé et là il lui rentrerait dedans. Être déprimé était devenu le mot à la mode, il se demandait quelque fois si tous ceux qui se disait déprimés vivaient comme lui, si se doucher représentait peur eux un effort, si se regarder dans un miroir leur donnait la nausée, s’ils laissait s’installer le chaos à leur domicile.
Pourquoi ce qu’il voyait dans la glace le surprenait à chaque fois ? C’est pas qu’il ne se reconnaissait pas c’est juste qu’après avoir passer quelque heures à penser à lui, il en oubliait son corps, son visage, ça le surprenait que d’un coup ces réflexions se matérialise en un reflet. Il n’était pas laid ses amis lui avaient toujours dit qu’il avait du charme, il s’en était accommodé tout en gardant à l’esprit que le charme est l’apanage des gens banals. De ceux qui ne cassent pas des briques de ceux au physique indifférent, de ceux comme tout le monde. Bref, son charme venait à ce qu’on disait de ses cheveux, enfin plutôt de leur absence, il avait commencé à les perdre très tôt, et avait décidé de se raser le crâne pas a blanc mais juste à quelques millimètre, il avait toujours trouvé ridicule les hommes qui tentaient de dissimuler leurs calvities grâce à quelque mèches habilement placées. Bien que cela le privait d’extravagance capillaire, il qu’il aurait aimé dire, oh la, c’est chiant, j’arrive pas à ma coiffer comme je veux, sa calvitie ne lui posait pas d’autre problèmes et avait lui aussi opté pour le coté charmant. IL avait les yeux marrons un nez normal, un bouche normal, enfin bref, passe partout, on ne se retournait pas sur lui dans la rue, ce n’était pas sur lui que s’arrêtait les regards sur les photos et personne n’insistait pour qu’on le contemple en maillot de bains pendant ses vacances l’année dernière. Ce n’est donc pas tant son physique qui le dérangeait, il avait comme tous le monde ses complexes, trop de ventre, pas assez de fesses, mais ces futilités, n’était pas pour l’instant sa priorité. C’était quoi sa priorité ? Bien viellé à ce qu’il ne se retrouve pas en rade de clopes un dimanche ? Appeler un psy, çà sonnait toujours occupé. Le dernier qu’il avait vu avait jugé qu’il devait commencer un travail sur lui, d’accord, mais quand vous vous sentirez vraiment mal, voilà ce qu’il s’était entendu dire 47 euros fois deux plus tard. C’est vrai qu’il avait choisi un moment ou son moral n’était pas au plus bas pour tenter de réfléchir vraiment et sainement à lui, apparemment, c’était pas la bonne solution. Il fallait être en crise, déconnecté, à deux doigts qu’il ne soit trop tard pour commencer. Alors là ça y est ? Ça y est le non ?
Se raser, se doucher, manger, manger pourquoi faire ? S’il tombe, il tombera, ça prouvera qu’il est à bout de force. Quand il avait pris rendez vous la dernière fois chez le généraliste il s’était plaint d’être fatigué, n’avait pas trop insisté sur ses idées noires, avait dit que son sommeil était déréglé, et qu’avec son boulot de merde il n’avait plus une minute à lui. Comme ça le fatiguait d’entendre ce vieux médecin qui voyait des gastros, des grippes, des arthrites des Alzheimer, qui signait des ordonnances presque pré remplies à tour de bras lui demander s’il fumait ? Oui beaucoup ? Trop, s’il faisait du sport ? Non s’il buvait ? Oui, Beaucoup ? Ça dépend. Vous savez c’est important le sport, et puis il faudrait arrêter de fumer bla bla bla … et si tous le cons volait il ferait noir ! Il avait envie de lui hurler : « Mais mon pauvre monsieur, prenez là ma vie, je vous la donne, je vous donne tout ce que j’ai, je vous paies même s’il le faut, pourquoi non ? » En plus ce con lui avait prescrit fièrement du Xanax en lui disant que ça le soulagerait qu’il se servait de l’alcool comme anxiolytique Mais mon petit docteur en médecine, il ne faut jamais prescrire des anxiolytiques seuls à un dépressif, ça l’endort, la dépression, elle, elle s’installe, elle fait son trou, elle s’installe bien confortablement, elle vous pourrie de l’intérieur mais vos angoisses vous les oubliées, du moins vous vivez avec, c’est encore pire que tout, cohabiter avec son pire ennemi, sous prétexte que la hache de guerre est enterrée le temps de deux boites de 14 comprimés. Vous pensez qu’il se plaint ? Non il dit rien dit qu’il est fatigué et puis se tait. Mais il sait qu’un jour il ira mieux. Freud avait bien soigné des gens qu’on aurait lobotomisé, il avait guéri des névrosés, aidé des psychotiques à comment déjà ah oui « reprendre pied dans une réalité qui leur échappait ».
Il n’avait pas l’impression d’être tombé aussi bas, il n’était pas fou, mais se sentait juste à l’étroit, comme dans des chaussures neuves, sauf que ses chaussures à lui elle commençaient déjà à sentir mauvais. IL avait tout, mais était insatisfait.
Là, maintenant qu’il était détendu, il allait bien, s’était habillé, pourquoi faire ? D’aucuns lui auraient répondu pour lui-même et même si ça lui faisait mal de l’admettre, il le devait, LUI. Pourquoi n’arrivait-il pas à penser à lui, non çà il le faisait mais pourquoi ne se rendait-il pas compte qu’il vivait ? Il s’était petit à petit transformé en plante verte, un ficus doté d’un cerveau malade et avait oublié de vivre, perdu cet élan qui force les gens normaux à se lever le matin pour faire des choses. Il avait vu une pub à la télé pour une boite d’intérim ou on voyait des gens se réveiller juste ça et le slogan qui disait « grâce à nous des milliers de gens sont obligés de se lever le matin » il ne savait pas qui était le public visé ni quel était l’objectif des publicitaires mais il se souvient qu’à ce moment il s’est dit quel bol ils ont ces cons.
Voilà il était maintenant 19heures, sortir, non, rester oui, réfléchir encore et encore. Là voilà c’est bien juste là tranquillement, se dire qu’il avait passer une journée de travail aujourd’hui, qu’il était fatigué de son labeur, et profité de sa soirée, il se mentait très bien à lui-même. Il descend chez l’arabe du coin, qui n’était pas du tout arabe d’ailleurs mais une épicerie qui ferme à 23H… Une bouteille de blanc, du moelleux, à 4 Euros la bouteille, bonsoir merci bonne soirée, merci pauvre con ! Inconsciemment, il le savait, c’était la dernière fois qu’il faisait ce genre de choses, se bourrer la gueule seul c’était le comble du pathétique, mais ça au fond il s’en foutait le pathétique c’est bon pour les comédie sentimentales, et sa vie à lui n’avait rien d’une comédie, et encore moins sentimentale.
Bonsoir au voisin, bonsoir chez vous. Un verre deux verres la musique, de la variet’ c’est mieux et non ce genre de comportement n’est pas exclusivement féminin, il lui arrivait lui aussi de prendre son manche à balai et de se retrouver soudain sur une scène à las Vegas ou ailleurs mais pas dans son salon, puis il rentre en écartant les bras , il rentre comme si c’était la première fois, mais quand s’arrêtent les violons… un autre verre, et puis encore un autre, ami rempli mon verre, je chante et je suis gai mai j’ai mal d’être moi! Ami, rempli mon verre je serais saoul dans une heure je serais sans rancœur, je serais sans tristesse. Il aurait aimé ne pas avoir de chanson à chanter, il aurait aimé éteindre la musique comme il l’avait déjà fait. Mais voilà, c’était plus fort que lui ! Il se plaisait à vivre avec une morale de chanteur populaire et se disait qu’une chanson correspondait à chaque situation. IL en avait des tonnes en tête, il était incollable en variet’ c’est pas très utile certes mais ça le rassurait, se dire que tout avait déjà été vécu que tout avait déjà été écrit, saurait-on ce qu’est l’amour si des romanciers ne s’était pas tant appliqué à le décrire, Connaît-on les tourments de ces affreuses nuits qui compriment le cœur comme un papier qu’on froisse sans avoir effeuillé toutes les immondes fleurs de Baudelaire ? Enfin ! Depuis quelque temps il avait tourné le dos à la culture. Ce processus vicieux qui l’avait transformé en plante verte l’avait fait se désintéresser de tout, certains ne le reconnaissaient plus, il ne se passionnait plus, avait pour un temps rangé ses douces illusions dans un placard, et en était malheureusement revenu. Encore une expression qui le caractérisait il en était revenu. La tournure était habile la transivité partielle était pratique, il ne savait pas d’où ni de quoi il était revenu mais il avait changé c’était indéniable. Quand est-ce que ça avait commencé ? Comment se fait-il qu’il en soit arrivé là ? La non plus pas de réponse, il avait toujours était un garçon mélancolique, triste, mais il avait toujours eu de l’esprit, et même ça il l’avait perdu !
Il avait chaud, all by his self, se met en caleçon; et riait presque du ridicule de la situation .Il regarde l’heure 21h, ça c’était fantastique, a moitié bourré à neuf heure en caleçon, a fredonné de la guimauve le casque sur les oreilles.
Le téléphone sonne merde ! Sa sœur, il ne répondrait pas, pas comme çà, elle ne doit pas savoir, personne ne doit savoir; sonne sonne petit téléphone … Bonjour vous avez un nouveau message « Camille c’est ta sœur, tu dois être occupé, j’espère que tout va bien, je te rappellerais, c’était juste pour prendre de tes nouvelles »Occupé ouais il était overbooké, ça va ? Tu parles, nickel, une bouteille de blanc dans la vue !
Et puis voilà, c’et reparti reminisences, nostalgie, pourquoi elle, pourquoi, les autre était heureux et pas lui, pourquoi n’arrivait pas à l’attraper ce putain de bonheur. Là c’est la peur la peur de finir comme l’autre, la peur d’avouer qu’il était jaloux, la peur des mauvais sentiments qui le prend au ventre. Allez on augmente le volume, on se ressert un verre et ça va aller. E puis non, ça va pas aller ça ira pas, ça fout le camp ! Une minute, et la culpabilité était de retour. De quoi se sentait-il coupable ? Pas de réponse, pas de réponse, eh oh ! Y’a quelqu’un, Ben non personne seul, tout seul, avec ses merdes. Il a faim et se rend compte qu’il n’a pas mangé depuis plus d’une journée. Pas le courage de se faire à manger, pas le courage, dormir longtemps.
Une fin mystérieuse à la maryline, sauf que lui il n’avait pas couché avec Kennedy, Y’aura que la mélancolie et les barbituriques et puis pas de whisky, à la française, du vin !
Lentement, il se dirige vers la salle de bains Xanax, somnifères, tout fait viande quand on a faim… Se verse un autre verre, de toute façon il avait fini la bouteille !
Il écrase concsiencesement les comprimés, c’est pas ça la poudre d’ange ? Sur la carte Y’a un cocktail, il coûte un peu cher mais je pense que je vais me l’offrir. C’est-ce qu’il se disait en buvant la première gorgée, « dis quand reviendras-tu ? » il ferme les yeux « je n’ai pas la vertu des femme de marin ». Il se sent mal, il a envie de dormir mais en même temps il se sent excité, il lutte pour garder les yeux ouverts. Il se dirige vers la chambre et s’allonge.
Il est cinq heures quand il se réveille cinq heures du matin, il n’avait dormi que quelques heures, il avait soif, horriblement soif, en buvant au robinet de la salle de bains, il se regarde, il se dégoûte. Il a mal, il souffre bordel, sa névrose avait pris le dessus. Il ne pense plus à personne, ou du moins, il y pense mais se dit qu’il est seul et que personne ne pourra savoir à quel point il a mal d’être lui. La solitude recherchée et crainte en même temps l’avait enfermé dans une prison , une tour d’ivoire, une sorte de mélange d’incompréhension, de regrets de sentiment de différence, il s’était senti fort mais il avait hélas inexorablement perdu pied, il s’était coupé du monde et s’en était inventé un ou les autres n’avait pas leur place…IL s’était construit un monde de rancœur et de jalousie de terribles insomnies, de crasse , de silence, de prétention, un monde ou son image, son ego valait plus que tout. Pour çà il avait menti, prétendait aller bien, prétendait ce qu’on voulait de lui, détestant en secret, haïssant les autres de ne pas voir la faille. Il s’était cru supérieur, il fallait bien qu’il explique le gouffre, alors dans une sorte de mégalomanie galopante, il se disait que personne ne comprenait, que lui seul détenait le monopole de la douleur. C’est la dessus qu’il s’était construit. Ce soir plus que jamais il se sentait aculé, trop de mensonges, trop de prétentions, il lâchait prise. Ce qu’il s’apprête à faire marquera le point de non retour, la fin de ce système. C’est sûrement un appel à l’aide… Il se dirige vers la cuisine, se saisit d’un couteau, part s’asseoir près de la baignoire et s’ouvre les veines. Il n’y arrive pas du premier coup; il n’y arrive pas, le couteau ne rempli pas son office, alors, il s’acharne, ouvre une deuxième brèche puis une troisième. Il ne juge pas la profondeur raisonnable et se dirige vers la cuisine pour se saisir d’une autre arme, un couteau à viande. Il a mal mais passe et repasse s’acharne, le sang coule maintenant un peu plus vite. Avec une sorte d’acharnement bestial il continue à se tailler le poignet, il sent une veine s’ouvrir… Ça y est. Il pleure maintenant, le sang le fait pleurer, il n’a plus mal, il sent simplement une chaleur qui lui irradie le bras.
Il savait ce qu’il faisait, une sorte de conspiration machiavélique pour faire jaillir son malheur à la face du monde. Il avait d’ailleurs auparavant pris son téléphone portable. Maintenant qu’il était assis près de la baignoire en larme, il pouvait appeler. Il réveille une amie, celle-ci ne répond pas, elle dort. Il se dit tant pis et regarde en larme le sang couler, se disant qu’il avait ce qu’il voulait. Le téléphone sonne. Il répond en pleurs disant qu’il avait fait une connerie une grosse connerie.
Elles débarquent lui, comme un con ne peut faire que pleurer; alors il pleure. Une des deux appelle les secours pendant que l’autre tente de contenir l’hémorragie avec une serviette ou un torchon retrouvé près de lui. IL était soul et avait pris des cachets alors, il ne disait rien, il pleurait.
Inconsciemment il se disait ; voila, regardez ou j’en suis regardez Camille regardez le, il veut en finir ; ça prouve qu’il en peut plus ça non?
Avec le recul il s’était demandé comment il avait pu imposer ça a quelqu’un.
Comment avait-il pu prétendre que ses amies auraient supporté le sang; les plaies, la crasse, les pleurs? Pour ça, il s’en voulait.
Après ça avait été très vite mis à part les pompiers, l’hôpital, les pleurs, les questions. Il était dans le gaz, il n’avait pas dormi… on le trimbale de salle en salle, on lui fait des point de suture, huit, deux trois trois, il regarde l’interne le recoudre. Celui-ci ne dit rien, pas un mot. Une infirmière passe, bonjour je suis l’infirmière psy et puis rien, il ne se souvient plus très bien des questions qu’elle lui a posées.
Il s’était brusquement rendu compte, qu’il n’était qu’une urgence parmi d’autres. Camille Estrale numéro de sécu 1 79.……
Il s’était endormi, enfin puis une infirmière le transporte en lui disant qu’on avait besoin de la chambre.
Le voila dans un couloir, a coté d’un accidenté, il se rend compte qu’il porte un pyjama de l’hôpital et que pour seules chaussures, il n’avait que des chaussons opératoires.
Il entend des pas, il se reoune,sa soeuer, elle pleure, il pleure et deja les questions commenencent